Concert « Un appel pour la paix » : un début prometteur

Le 1er juillet dernier, avait lieu au Dôme de Mutzig, près de Strasbourg le premier concert « Un appel pour la paix ». Conçu par Eduardo Del Signore et quelques amis musiciens, cette initiative originale se propose de présenter le message de paix de Prem Rawat sous forme de concerts multimédia en partenariat avec des associations humanitaires œuvrant pour la paix qui, à cette occasion, peuvent tenir un stand pour présenter leur action.

Quelques mois pour tout organiser

MontageconcertEn février dernier, quelques bénévoles se sont lancés dans l’aventure d’organiser le premier concert de ce type en France. Cinq mois durant, ils ont travaillé sans relâche pour mener à bien un projet qui s’est avéré une tâche plus ardue qu’ils ne l’avaient imaginée au départ. De l’avis unanime, ce fut une expérience extrêmement enrichissante, partagée dans l’inspiration, avec la volonté de surmonter tous les obstacles (et il y en eut !).

Le maire de Mutzig, impressionné par le professionnalisme de l’organisation de la conférence donnée par Maharaji en juillet 2009, a tout de suite été séduit par l’idée d’un concert pour la paix. Pour annoncer l’événement, 600 affiches ont été posées et 10 000 flyers distribués les semaines précédentes dans Strasbourg et ses environs. Quelques passages radio, mais pas forcément parmi les plus branchées, une interview pour France 3 qui n’a finalement pu se faire : difficile de se frayer un chemin dans les médias, lorsque l’on n’a pas pignon sur rue…

Un concert réussi mais un peu trop « privé »

Toujours est-il que le 1er juillet au matin, une équipe d’une vingtaine de bénévoles se retrouvait, heureux quoiqu’un peu fébriles, pour terminer l’installation commencée la veille, pendant que les musiciens répétaient. À partir de 15 heures, les associations humanitaires arrivaient pour installer leurs stands : Unicef, Handicap International, Oxfam, Water and Food.  TPRF et « Etre 1. C Tout » (organisateur de l’événement) étaient déjà en place. Les heures qui ont précédé le concert ont favorisé des échanges entre eux. Un membre de l’Unicef a reconnu sur les panneaux de TPRF les pompes à eau qu’ils ont mises en place au Ghana, preuve qu’un partenariat ponctuel existait déjà.

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À partir de 19 heures, une légère inquiétude pouvait se lire sur les visages car, depuis 17 heures, seule une petite dizaine de personnes avait circulé entre les stands… Le miracle n’eut pas lieu : lorsque les premières mesures de Papyros’N, un groupe local bien connu, résonnèrent dans le Dôme, il y avait à peine une centaine de personnes dans la salle. Il fallut bien se rendre à l’évidence : les Alsaciens avaient d’autres préoccupations ce soir-là, à deux jours des vacances scolaires. Comme devait l’expliquer David Geiss dans son article en pleine page de l’édition dominicale des Dernières Nouvelles d’Alsace  : « C’était sans compter avec la chaleur, le milieu de semaine, et toute autre forme de freins quand on prend le chemin d’un Dôme qui tarde à se faire une réelle place dans le monde du spectacle. » Et le journaliste de regretter : « Bref il y avait matière à échanger et pourquoi pas œuvrer pour… plus de paix. Sauf que la réplique du public n’était pas à la hauteur. »

RitualBut the show must go on, et les artistes ont offert à ce public clairsemé un concert de grande qualité, dans une ambiance chaleureuse et festive. Le charisme et la sensibilité de Cara Tower contrastaient avec bonheur avec la puissance virtuose du jazz-fusion de Ritual. Marcel Adjibi fit reprendre en cœur le refrain de Humanité et Cara Tower, celui de Even When. Le groupe remonta même sur scène pour un rappel réclamé par un public qui pourra déclarer plus tard : « J’y étais ! ».

Les leçons de l’expérience vécue

Sans tête d’affiche, il s’avère difficile de déplacer les foules, même pour une cause aussi noble. Cependant, ce n’est que partie remise, car comme nous l’a confié le responsable de la salle : « Je vois défiler beaucoup d’associations qui organisent des spectacles, et je peux vous dire qu’en terme de qualité vous étiez au “top”; autant au niveau technique que de la prestation musicale ou de l’accueil dans le hall. »

De plus, ce concert a été l’occasion de nouer des contacts positifs avec des maires et un député (dont certains étaient présents ou représentés). Certaines associations humanitaires sont prêtes à renouveler l’expérience, et le responsable de l’Unicef confie : « Nous avons eu avec le public des échanges intéressants renforçant notre engagement bénévole. Cette manifestation vous a permis d’approcher des responsables qui, je l’espère, vous soutiendront en d’autres circonstances dans une démarche que vous portez avec une profonde conviction. »

Déjà deux concerts « Un appel pour la paix » ont eu lieu, l’un aux États-Unis et l’autre au Japon. Le Danemark, le Pérou et l’Uruguay sont sur les rangs. « Et sans l’initiative française, le projet n’aurait certainement pas évolué aussi rapidement », note Eduardo Del Signore. « Etre 1. C Tout » capitalisant, non sur les rentrées d’argent (!), mais sur l’expérience acquise et les contacts pris, réfléchit déjà à d’autres initiatives susceptibles de rencontrer, cette fois-ci, un plus large public.